L'Ame du lieu 

L'Ame du lieu - Excelsior

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L'Excelsior, un art de vivre nancéien

Depuis cent ans, le cœur de Nancy bat au rythme de L’Excelsior qui ravit toujours palais et pupilles. Symbole toujours vivant de ces grands cafés de la « Belle Epoque », la brasserie inaugurée lors du carnaval de 1911, demeure le témoin intemporel d’un patrimoine culturel et gastronomique. Ce centenaire est l’occasion de nous délecter encore de quelques pages de son histoire. Lorsque L’Excelsior voit le jour en 1911 à l’initiative de Louis Moreau, brasseur de Vézelise, L’Est Républicain salue immédiatement « l’ouverture d’un nouveau et splendide établissement public » présenté d’emblée comme voué à « une brillante et fructueuse carrière ».

Cette vaste brasserie, vitrine de luxe de la brasserie de Vézelise, qui prend place au cœur de l’effervescent quartier de la gare va rapidement devenir beaucoup plus qu’une halte gustative pour les passants et voyageurs en quête de détente, et de calme. Dès sa création, l’Excelsior s’impose en effet comme l’un des plus remarquables chefs d’œuvres de l’École de Nancy, alliance de l’art et de l’industrie. Outre sa façade extérieure typique de l’Art Nouveau confiée aux architectes Lucien Weissemburger et Alexandre Mienville, de vastes baies ouvrent sur une majestueuse salle de 25 mètres sur 12.

Le célèbre verrier Jacques Gruber se voit confier la réalisation de dix verrières serties dans un châssis de cuivre que ceignent cabochons de pâtes de verres et feuillages aux thèmes naturalistes typiques de l’époque : pins, ginkgo biloba et fougères que Pèlerin reproduit en mosaïques au sol. Ces flambées de fougères également accrochées au plafond sont l’œuvre des sculpteurs Galetier et Burtin qui en travaillent les moulures et poutrages. L’ensemble du mobilier en acajou massif de Cuba est élaboré dans les Ateliers Majorelle, assorti de lambris en bois de tamarinier. Trois cent becs lumineux, lustres et appliques en cuivre ciselé signés Daum achèvent de diffuser une harmonieuse intensité ivoirine. Quelques années plus tard, en pleine influence Art Déco, la descente d’escalier sera livrée à l’inspiration du ferronnier d’art Jean Prouve.

L’Excelsior, immédiatement adopté par les Nancéiens qui en font un lieu incontournable de rencontre et de partage, se jouera rapidement entre lieu d’anecdotes ou de rires, parties de cartes ou rendez-vous, déjeuners de travail ou diners intimes, coups de foudre ruptures et retrouvailles. En ses murs seront soufflés les premiers airs venus de Nouvelle Orléans qui donneront naissance au célèbre Festival de Jazz de Nancy. Epargné par les guerres et les bombardements, son classement en Monument historique en 1976 grâce à une poignée de Nancéiens passionnés d’Art Nouveau et amoureux des lieux, a sauvé la brasserie de la démolition.

L’Excelsior rayonne aujourd’hui comme l’une des expressions les plus savoureuses de la beauté du patrimoine français.

 

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